Quel est le véritable coût d’un ERP ?
L’implémentation d’un ERP est un processus complexe qui nécessite une planification minutieuse et une allocation budgétaire étudiée pour couvrir tous les coûts, apparents et cachés.
Aujourd’hui, le marché offre une grande variété de solutions ERP. Si la question du choix de la technologie est importante (Low Code, No Code, Open Source, hébergement…), celle du coût réel d’un système de planification des ressources d’entreprise (ERP) devient cruciale.
Un ERP bien calibré peut être un investissement stimulant l’efficacité et la croissance d’une entreprise. Il est donc impératif de réaliser un audit des besoins poussés et de prévoir un budget adapté avant toute implémentation.
Les prestations essentielles et souvent méconnues de la phase d’implémentation d’un ERP
L’implémentation d’un ERP requiert un suivi minutieux afin que chacune des étapes du projet soient bien cadrées. Une série de services essentiels, bien que fréquemment sous-estimés, jouent un rôle crucial tant en préparation qu’en suivi post-implémentation :
Les ateliers de spécifications s’imposent comme la pierre angulaire du projet, en permettant d’aligner précisément l’ERP avec les spécificités et les objectifs stratégiques de l’entreprise. Cette phase d’analyse en amont garantit que le système sera paramétré pour répondre aux besoins métiers de l’entreprise et qu’il sera pleinement exploité par les équipes, optimisant ainsi le retour sur investissement.
Le paramétrage sur-mesure transforme un système ERP standard en une solution parfaitement adaptée aux processus uniques de chaque entreprise. Cette personnalisation, bien que coûteuse, est fondamentale pour maximiser l’efficacité opérationnelle et la réactivité de l’entreprise face aux évolutions du marché.
La gestion des droits d’utilisateurs et l’adaptation Low Code/No Code représentent également des aspects méconnus mais vitaux. Elles permettent une sécurisation accrue et une flexibilité du système, offrant aux entreprises la capacité de s’adapter rapidement sans nécessiter de compétences de codage avancées.
La phase de recette permet de s’assurer du bon fonctionnement du logiciel et de sa conformité par rapport aux spécifications fonctionnelles détaillées. C’est une phase à ne pas négliger pour s’assurer de l’adéquation de l’ERP aux besoins exprimés avant la mise en production et l’utilisation réelle par les utilisateurs finaux.
La conduite du changement, souvent reléguée au second plan, est pourtant essentielle pour assurer l’adhésion des utilisateurs au nouveau système. Elle représente un investissement dans le capital humain, favorisant une transition fluide et une exploitation optimale de l’ERP.
L’implémentation d’un ERP est un processus complexe qui nécessite une planification minutieuse et une allocation budgétaire étudiée pour couvrir tous les coûts, apparents et cachés. Il peut être plus facile d’avoir une idée précise du budget à dépenser pour les phases de migration des données, de coût en matière de matériel informatique et d’infrastructure, ou de formation.
En revanche, il peut être moins aisé d’évaluer le coût de la réorganisation des process, l’acceptation en interne et le temps d’adaptation à ce nouvel outil. Cela peut causer des retards sur certains projets, allant même jusqu’à impacter le client final. Il est donc vivement conseillé de réaliser une analyse de ROI du déploiement des solutions de différents fournisseurs ERP afin d’évaluer l’enveloppe budgétaire requise.
“L'implémentation d'un ERP est souvent perçue comme une démarche essentiellement technique, or cela cache en réalité une profondeur stratégique et financière qu'il est important d'analyser avec la plus grande attention. Il ne s'agit pas seulement d'intégrer une nouvelle technologie au sein de l'entreprise, mais de transformer les processus métiers pour optimiser l'efficacité opérationnelle.
Les phases de spécification et de personnalisation du système sont cruciales. Il ne s'agit pas d'adopter un outil "prêt-à-porter", mais de le façonner minutieusement pour qu'il réponde précisément aux exigences uniques de l'entreprise. Il est important que chaque étape du processus, de la planification à la formation en passant par l'intégration, soit méticuleusement gérée pour garantir le succès du projet.
Les managers expérimentés sont particulièrement appropriés pour accompagner l'implémentation, souvent sous-estimée, de ces systèmes complexes mais fondamentalement transformateurs.”
Jean-Christophe Lasvergnas - Directeur Associé Digital & IT chez X-PM.
Retrouvez l’article de Silicon dans son intégralité ici.
Le déploiement d’un ERP : un parcours semé d’embuches
Selon une étude menée par Panorama Consulting Solutions, environ 50 % des mises en œuvre d'ERP sont considérées comme un échec, tandis que 75 % échouent pour diverses raisons.
En outre, 14 % des entreprises subissent des perturbations opérationnelles importantes au cours du processus de mise en œuvre et 64 % dépassent les budgets alloués à leurs projets. 21 % considèrent leur succès comme "neutre" tandis que le coût moyen des implémentations ratées est estimé à 1,2 million de dollars. Seule une poignée (9 %) le considère comme un succès complet selon les résultats de l’enquête de Supply Chain Dive à partir des données recueillies auprès d’un millier d’organisations dans le monde.
Dépassements de calendrier
46 % des entreprises de taille moyenne ont rencontré des défis lors de la mise en œuvre d’un système ERP alors que les frais de licence utilisateur ont augmenté de 29 %.
Les conséquences ne sont pas que techniques et financières. Le moral des employés a également baissé après l’achèvement du projet dans 21 % des cas. Un peu plus d’un tiers (37 %) a eu besoin d’une personnalisation qui n’avait pas été prévue plus tôt.
Malgré tout, la moitié des dirigeants a estimé que les avantages l’emportaient sur les risques. Cependant, 40 % ont été confrontés à des dépassements de calendrier et 22 % ont accusé un retard de 25 mois ou plus par rapport à la durée prévue de 15 mois.
Enfin, 67 % ont évité de nouveaux investissements par crainte d’un échec et 7 % ont obtenu 80 avantages ou plus sur les 31 qui n’ont pas réalisé la moitié des avantages escomptés.
Beaucoup de contraintes et peu d’avantages…
En fin de compte, ces statistiques rappellent que les implémentations ERP sont complexes et nécessitent beaucoup d’efforts pour en assurer le succès. Elles soulignent le fait qu’une grande partie des entreprises ne sont pas en mesure de mettre en œuvre avec succès leurs systèmes ERP, ce qui entraîne des perturbations opérationnelles qui peuvent avoir un impact majeur sur leur activité.
Cette statistique est un rappel brutal des pièges potentiels des projets de mise en œuvre de l’ERP. Elle souligne la nécessité d’une planification et d’une budgétisation minutieuses lorsqu’on s’engage dans un tel projet, car les conséquences du dépassement des budgets alloués peuvent être graves.
Le coût moyen d’une implémentation ERP ratée est en effet de 1,2 million de dollars. Les entreprises doivent donc s’assurer qu’elles disposent des processus et des ressources nécessaires pour garantir la réussite de la mise en œuvre de l’ERP.
Ces chiffres ne sont pas juste des statistiques froides, ils reflètent des histoires d'efforts, de défis non anticipés et souvent, de déceptions. Une planification et une exécution rigoureuses sont particulièrement importantes pour naviguer dans ce labyrinthe complexe. Chaque étape non planifiée ou sous-estimée peut entraîner des dépassements de budget et des retards qui affectent non seulement les finances mais aussi le moral des équipes impliquées.
Malgré ces défis, la moitié des dirigeants estiment que les bénéfices de l’ERP l’emportent sur les risques. Cela témoigne de l’impact transformateur que peut avoir un ERP sur une organisation quand il est bien implémenté. L'accompagnement d'un manager de transition compétent est un moyen de sécuriser un tel projet."
Jean-Christophe Lasvergnas - Directeur Associé Digital & IT chez X-PM.
Retrouvez l’article d’IT Social dans son intégralité ici.
Gestion d’entrepôts : déjouer la complexité de SAP EWM
EWM, acronyme d’Extended Warehouse Management, est aujourd’hui la solution de WMS mise en avant par SAP. C’est une solution extrêmement riche, mais aussi complexe. Elle compte énormément de modules et nécessite un haut niveau d’expertise pour être déployée. Or actuellement, les experts sur SAP manquent cruellement.
Les consultants fraîchement formés mis en avant par les prestataires peuvent prendre de mauvaises décisions au moment de l’installation, alors que ces choix sont très structurants dans la façon dont l’entreprise va pouvoir utiliser le logiciel. l n’est ainsi pas rare que des experts reconnus soient appelés en mode « pompier » afin de corriger une configuration en place ; l’entreprise se trouvant dans une impasse, incapable de sortir des marchandises de ses entrepôts ou avec une productivité subitement dégradée.
Une solution puissante, mais qui impose des choix forts
Comme toute solution pointue, SAP EWM nécessite d’être correctement configurée et bien maîtrisée pour en tirer le meilleur parti. Il est malheureusement très simple d’amener de la complexité là où ce n’est pas nécessaire.
Imposer aux métiers une traçabilité extrêmement fine n’est pourtant pas toujours pertinent sur l’ensemble des sites et/ou des entrepôts d’une même entreprise. Attention donc à ne pas fixer de contraintes trop élevées pour une valeur ajoutée métier parfois injustifiée. La richesse d’EWM pose aussi le problème d’experts qui ont tendance à répondre à une problématique donnée uniquement avec ce qu’ils maîtrisent. Un développeur Java aura tendance à vouloir développer toutes les applications… en Java, même si un autre langage aurait été plus pertinent. Pareillement, l’expert EWM va chercher à imposer EWM pour tous les besoins, avec toute la complexité induite. À l’inverse, une équipe qui a la compétence EWM, mais aussi SAP MM, WM, Stock Room Management, sera plus encline à choisir la bonne approche en fonction de la problématique donnée.
La mobilité, le talon d’Achille d’EWM
Outre sa complexité, le vrai point d’attention concernant la solution EWM porte sur sa partie mobilité. Celle-ci est aujourd’hui techniquement obsolète, car elle s’appuie sur le framework RF (Radio Frequency), lancé au tout début des années 2000.
Par ailleurs, beaucoup d’entreprises qui souhaitent introduire la mobilité dans leurs process Supply Chain, optent assez naturellement pour l’offre native SAP. Toutefois, lorsque les applications sont dévoilées aux utilisateurs, celles-ci font bien souvent face à une levée de boucliers, tant l’ergonomie « standard » laisse à désirer.
Rendre mobiles ses entrepôts sans attendre S/4HANA
Il est important de rappeler qu’il n’est pas indispensable d’attendre d’avoir réalisé sa migration vers S/4HANA pour apporter de la mobilité en entrepôts.
Alors que la date de fin de maintenance d’ECC se rapproche, les entreprises se préparent à migrer vers S/4HANA et s’interrogent inévitablement sur l’utilisation du module EWM.
La compatibilité ascendante des solutions avec les différentes versions de SAP – ainsi que la couverture fonctionnelle des différents modules (IM, WM, EWM) – permet parfaitement de déployer sur ECC puis de basculer sur S/4HANA. D’une part, en conservant les applications existantes, et d’autre part en bénéficiant des applications dédiées à la version S/4HANA, en particulier pour couvrir EWM.
"La gestion d'entrepôts via le module EWM (Extended Warehouse Management) de SAP EWM est une solution incontournable mais complexe. Pour éviter les pièges et profiter pleinement de la puissance de cette solution, il est nécessaire de s'appuyer sur des expertises solides. Cela permettra d'éviter notamment les écueils opérationnels coûteux.
La gestion de la mobilité nécessite une attention particulière, surtout avec la technologie obsolète sur laquelle elle repose majoritairement actuellement. Ce qui ressort également, c'est l'impact des décisions prises lors de l'installation, qui peuvent façonner de manière significative l'efficacité avec laquelle les entreprises exploitent ensuite cette technologie. Une réflexion stratégique sur le choix des modules et la personnalisation des fonctionnalités évite à terme de surcharger inutilement les opérations avec des exigences de traçabilité trop pointilleuses."
Jean-Christophe Lasvergnas - Directeur Associé Digital & IT chez X-PM.
Retrouvez l’article du Mag IT dans son intégralité ici.
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